Mardi 22 avril 2008


Dès que Hjalmar fut au lit, Ole Ferme l'Oeil toucha de sa petite seringue magique tous les meubles de la chambre, aussitôt ils se mirent tous à bavarder, mai ils ne parlaient que d'eux-mêmes, sauf le crachoir qui restait muet mais s'irritait de les voir si vaniteux, ne s'occupant que d'eux-mêmes, ne pensant qu'à eux-mêmes et n'ayant pas la plus petite pensée pour lui qui, modestement, restait dans son coin et tolérait qu'on lui crache dessus.

Au-dessus de la commode était suspendue une grande peinture dans un cadre doré, on y voyait un paysage avec de grands vieux arbres, des fleurs dans l'herbe, une pièce d'eau et une rivière qui coulait derrière le boi, passait devant de nombreux châteaux et se jetait au loin dans la mer libre.

Ole Ferme l'Oeil toucha le tableau de sa seringue, alors les oiseaux peints commencèrent à chanter, les branches des arbres ondulèrent et les nuages coururent dans le ciel, on pouvait voir leur ombre se déplacer sur le paysage.

Ole Ferme l'Oeil souleva Hjalmar jusqu'au cadre et le petit garçon posa ses jambes dans la peinture et le voilà debout dans l'herbe haute, le soleil brillait sur lui à travers la ramure.

Il courut jusqu'à l'eau, s'assit dans la barque peinte en rouge et blanc, les voiles brillaient comme de l'argent et six cygnes portant chacun un collier d'or autour du cou et une étoile bleue étincelante sur la tête, tiraient le bateau au long de la verte forêt où les arbres parlaient de brigands et de sorcières et les fleurs de ravissants petits elfes et de ce que les papillons leur avaient raconté.

De beaux poissons aux écailles d'or et d'argent nageaient derrière la barque, de temps en temps ils faisaient un saut et l'eau clapotait, les oiseaux rouges et blancs, grands et petits, volaient derrière en deux longues rangées, les moustiques dansaient, les hannetons bourdonnaient, ils voulaient tous accompagner Hjalmar et ils avaient tous une histoire à raconter.

Ah ! ce fut une belle promenade en bateau ! par moments, les bois étaient épais et sombres, puis ils devenaient des jardins ensoleillés et fleuris, avec de grands châteaux de cristal et de marbre. Sur les balcons se tenaient des princesses qui étaient toutes des petites filles connues de Hjalmar avec lesquelles il avait déjà joué. Elles étendaient la main et tendaient chacune le petit cochon de sucre le plus exquis qu'aucun con fiseur n'eût jamais vendu. Hjalmar au pasage saisissait par un bout le petit cochon, la petite fille tenait ferme de l'autre, en sorte que chacun en avait un morceau, elle le plus petit, Hjalmar de beaucoup le plus gros.

Devant chaque château de petits princes montaient la garde, ils portaient armes avec des sabres d'or et faisaient pleuvoir des raisins secs et des soldats de plomb. C'étaient de véritables princes.

Hjalmar naviguait tantôt à travers des forêts, tantôt à travers d'immenses salles ou à travers une ville. Il lui arriva même de traverser la ville où habitait sa bonne d'enfant, celle qui le portait dans ses bras quand il était tout petit et qui l'aimait tant. Elle lui fit des signes et lui sourit et chanta cet air charmant qu'elle avait, elle-même, composé pour lui :

     Je pense à toi à toute heure
     Mon cher petit Hjalmar chéri.
     C'est moi qui baisais ta petite bouche
     Et aussi ton front, tes joues vermeilles.

     Je t'ai entendu dire tes premiers mots
     Et puis il a fallu te quitter.
     Que Notre Seigneur te bénisse ici-bas
     Mon bel ange descendu des cieux.

Tous les oiseaux chantaient avec elle, les fleurs dansaient sur leur tige et les vieux arbres dodelinaient de la tête comme si Ole Ferme l'Oeil eût aussi, pour eux, raconté cette histoire.

par Iris publié dans : Conte
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Mardi 22 avril 2008


- Ecoute un peu, dit Ole Ferme l'Oeil le soir lorqu'il eut mis Hjalmar au lit, maintenant je vais décorer ta chambre. Et voilà que toutes les fleurs en pots devinrent de grands arbres étendant leurs branches jusqu'au plafond  et le long des murs, de sorte que la pièce avait l'air d'une jolie tonnelle. Toutes les branches étaient couvertes de fleurs chacune plus belle qu'une rose embaumant délicieusement, et s'il vous prenait envie de la manger, elle était plus sucrée que de la confiture. Les fruits brillaient comme de l'or et il y avait aussi des petits pains mollets, bourrés de raisins, c'était merveilleux. Mais tout à coup, des gémissements lamentables se firent entendre dans le tiroir de la table où Hjalmar rangeait ses livres de classe.

- Qu'est ce que c'est ? dit Ole Ferme l'Oeil. Il alla vers la table, ouvrit le tiroir. C'était l'ardoise qui se trouvait mal parce qu'un chiffre faux s'était introduit dans le calcul, le crayon d'ardoise sautait et s'agitait au bout de sa ficelle comme s'il était un petit chien, il aurait voulu corriger le calcul mais il n'y arrivait pas. Et puis il y avait le cahier d'écriture de Hjalmar, il se lamentait en dedans que ça faisait mal de l'entendre ! Sur chaque page il y avait des lettres majuscules modèles, chacune avec une petite lettre à côté d'elle formant une rangée modèle du haut en bas, et à côté de celles-là, il y en avait qui croyaient être semblables  aux modèles, c'étaient celles que Hjalmar avait écrites, celles-là allaient tout de travers comme si elles avaient trébuché sur le trait de crayon où elles auraient dû se poser.

- Regardez ! Voilà comment il faut vous tenir, disait le modèle, comme ça, à côté de moi, d'un seul trait.

- Oh ! nous voudrions bien, disaient les lettres de Hjalmar, mais nous n'y arrivons pas, nous sommes très malades.

- Alors, il faut vous purger, disait Ole Ferme l'Oeil.

- Oh !, non, non, criaient-elles, et les voilà debout toutes droites que c'en était un plaisir de les voir.

- Mais maintenant nous n'allons pas raconter d'histoire, dit Ole Ferme l'Oeil. Il faut que je leur fasse faire l'exercice ! un deux, un deux ! et il fit faire l'exercice aux lettres. Elles se tenaient aussi droites, étaient aussi bien constituées que n'importe quel modèle, mais une fois Ole Ferme l'Oeil parti, quand Hjalmar alla les voir, elles étaient aussi lamentables qu'auparavant...

par Iris publié dans : Conte
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Mardi 22 avril 2008

Dans le monde entier, il n'est personne qui sache autant d'histoires qu'Ole Ferme l'Oeil. Lui, il sait raconter...



Vers le soir, quand les enfants sont assis sagement à table ou sur leur petit tabouret, Ole Ferme l'Oeil arrive, il monte sans bruit l'escalier - il marche sur ses bas - il ouvre doucement la porte et pfutt ! il jette du lait doux dans les yeux des enfants, un peu seulement, mais assez cependant pour qu'ils ne puissent plus tenir les yeux ouverts ni par conséquent le voir ; il se glisse juste derrière eux et leur souffle dans la nuque, alors leur tête devient lourde, lourde - mais ça ne fait aucun mal, car Ole Ferme l'Oeil ne veut que du bien aux enfants - il veut seulement qu'ils se tiennent tranquilles pour qu'il puisse leur raconter des histoires.

Quand les enfants dorment, Ole Ferme l'Oeil s'assied sur le lit. Il est bien habillé, son habit est de soie, mais il est impossible d'en dire la couleur, il semble vert, rouge ou bleu selon qu'il se tourne, il tient un parapluie sous chaque bras, l'un décoré d'images et celui-là il l'ouvre au dessus des enfants sages qui rêvent alors toute la nuit des histoires ravissantes, et sur l'autre parapluie il n'y a rien. Il l'ouvre au dessus des enfants méchants, alors il dorment si lourdement que le matin en s'éveillant ils n'ont rien rêvé du tout.
Et maintenant nous allons vous dire comment Ole Ferme l'Oeil, durant toute une semaine, vint tous les soirs chez un petit garçon qui s'appelait Hjalmar et ce qu'il lui a raconté... sept petites histoires pour chaque jour de la semaine...

 
par Iris publié dans : Conte
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Dimanche 20 avril 2008

J'ai retrouvé dans un fond de tiroir, un conte remis au goût du jour et mis en poésie....

                                                                       Cendrillon

 

I

 

Elle s'est levée ce matin le sourire aux lèvres...

ses seules pensées ne sont que pour ce jour...

elle a oublié les autres...

chaque matin est un enchantement...

 

Toute la journée elle resplendit par sa joie

son sourire fin est accueillant...

chaque regard est un bouquet de subtiles sensations

et ses yeux reflètent l'innocence...

 

Cendrillon à la lumière du jour

est une perle d'amour...

 

 

II

 

Ses yeux sont ceux d'un être délivré...
Elle est là, regardant par delà son amant...

tout n'est que physique... sensations...

elle est heureuse... elle en est persuadée...

 

elle balance son corps au rythme de la musique...

les prétendants accourent, tout est magique...
la vie sent l'alcool trouble des nuits de joie...
Ses yeux sont à demi ouverts dans le noir...

 

Cendrillon ce soir

est la fille du Seigneur Noir...

 

 

III

 

Elle se lève la tête tombée du lit...
Les mains s'agrippant aux oreillers...

un flux d'inhibitions la terrasse...
La seule solution : Amnésie totale...

 

Amnésie de tous ces moments

qui ne sont que tourments...

Le jeu veut que ce soit ainsi...
elle ne veut qu'éviter ses peurs...

 

Les lendemains de Cendrillon

ne sont que jours de protection...

 

                                        Iris                                           

 

par Iris publié dans : Poème
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Samedi 19 avril 2008
J'avoue que j'adore lire à mes enfants des histoires. Ceci dit, j'adore leur lire les histoires du Père Castor. En effet, cela me rappelle quand moi-même j'ai commencé à écouter des histoires...
C'est clair que c'est un peu égoïste, quelque part, de vouloir imposer les lectures que l'on a aimé.
Mais visiblement, ces histoires accrochent toujours autant...
Mes préférés étaient poule rousse", "roule galette" et "Michka". Donc forcément, les premiers livres que j'ai acheté ont été ces titres... Nostalgie quand tu nous tiens....

 
par Iris publié dans : Conte
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Samedi 19 avril 2008
En cette belle soirée d'avril qui termine la semaine et commence le week-end, je m'invite sur cette toile où pléthore d'informations circulent... peut être vais je trouver mon bonheur dans un coin ou un autre ?... va savoir...

ceci dit pour satisfaire mon envie égoïste de poésie, je laisse traîner mes idées et regarde mes papiers laissés dans ce vieil atelier :

Absence

 

 


                        
            J’attends que la nuit tombe...

                                    J’attends que le monde sombre

                                    Dans la mélancolique pénombre.      

                                   

                                    J’attends que la nuit tombe...          

                                    J’attends que meure mon ombre

                                    tuée par les rais ténébreux en surnombre.

 

                                    J’attends le temps de la paresse...

                                    J’attends l’avènement des caresses,

                                    La bouche sensuelle embrassant sans cesse

                                    mes lèvres asséchées par manque de tendresse...

 

 

 

                                                                                                            Iris

par Iris publié dans : Poème
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander

Présentation

Bidiblogs et bidultrucs...

Lunatier

Juillet 2008
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Créer un Blog

Recherche

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus