Mardi 13 mai 2008

 La fête du printemps correspond au Nouvel An du calendrier lunaire. Ce jour là, toutes les familles collent sur leur porte des bandes de papier rouge qui expriment des souhaits et tirent des pétards pour souhaiter une bonne nouvelle année...

D'après la légende, il y a très longtemps, existait un monstre très cruel nommé Nian, qui n'arrêtait pas de commettre des crimes.
Le génie du Ciel l'enferma au plus profond des montagnes ne lui permettant de sortir qu'une fois tous les douze mois.

Les douze mois passés, Nian sortit et recommença à commettre des crimes.
On discuta du moyen de lutter contre ce fléau. Quelqu'un dit que Nian craignait le rouge, le feu et le bruit.

On colla donc des bandes de papier rouge sur lesquelles étaient écrites des sentences, on tira des pétards et on battit du gong et du tambour.
Le monstre trembla de peur.
Le soir tombé, toutes les familles allumèrent leurs lanternes.

Terriblement effrayé, le monstre s'enfuit dans les montagnes et n'eut plus le courage d'en ressortir.
Nian le monstre était vaincu, mais l'habitude de fêter ainsi le Nouvel An s'est transmise jusqu'à nos jours...


Sources : La légende des 10 fêtes chinoises, Editeur : Les Livres du Dauphin (1992).

par Iris publié dans : Conte
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Lundi 12 mai 2008
Quand l'amour est là il faut le cueillir... moi je l'ai fait en composant un tryptique poétique... dont voici le premier mouvement...

                                               Non Sens

                                                         I

Elle susurre des sourires

aux soupirants qui s'émerveillent...

Elle tangue au rythme de la houle des mots...

Elle se sent forte de cet indicible pouvoir...

 

Elle marche d'un pas allègre dans la rue

pavée de meurtrissures tristes...

Elle se pavane dans une joie

masquant les sentiments frémissant

dans ses entrailles bouillonnantes...

 

Je t'ai vue trébucher sur des hésitations...

J'ai senti ton charme fleurir sur tes lèvres...

Laisse-moi respirer tes angoisses...

Montre-moi les fissures de tes masques...

 

Elle s'est retournée et a souri,

ne sachant comment réagir...

Mais la ronde continue...

La musique endiablée

coulisse dans ses pensées...

 

Je regarde le ciel...

et m'émerveille de la beauté de la vie...

 

Je me suis réveillé assis devant la table,

sa voix sensuellement fanée titillant mon ouïe...

Elle nous découvre ses bornes

dans des phrases houleuses...
Elle s'ouvre à nous puis se rétracte...
nous laissant visibles des ombres mystérieuses...

Laisse-moi pénétrer dans tes tréfonds...

Aère ma vie de tes cauchemars...

Laisse-moi écouter ton coeur trembler de tristesse...

Laisse-moi boire tes pensées noires...

Je suis le vampire, insatiable et sournois...

Aussi, laisse-moi percer ton intimité...

 
                                                                         Iris

par Iris publié dans : Poème
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Dimanche 11 mai 2008

Voici un petit jeu : prendre un ami, et le décrire avec les lettres de son prénom... 


           Hommage à ce que je ne suis... (1989)


Jean-Christophe :

Jade Etincelant, Arcane de la Notoriété

Cheval Hâlé Respirant l'Indifférence Salé du Temps Oisif  Profitant, Heureux, de l'Eternité.

 

Anne :

Aphrodite Nocturne, Naïade Exhumée.

 

Jérôme :

Jaguar Etouffé par les Rumeurs : Oeuvre des Mors de l'Ennui.

 

Theresa : 

Tournoiement de l'Harmonie des Esprits Respirant l'Etrange Silence de l'Amertume.

 

Philippe :

Pantin Hilarant Irradiant les Lourds Icônes Pendant Placidement, Entêtés.

 

Estelle :

Edifice Sacré des Trahisons : Ergastule des Lamentations Laissées par l'Enfer.

 

Envoûtement des Sourires Ternis : Enchantement des Légendaires Lendemains si Eloignés.

 

Eve :

Euphorie des Vents Enlacés.

 

Hélène :

Horloge Enivrante Liquéfiant l'Edifice Nacré de l'Eternel.

 

Valérie :

Vallée Attrayante, Luisant sous l'Emerveillement du Regard Invisible de l'Etranger.

 

Delphine :

Dauphin Enchantant les Lames des Pénombres Hantant l'Impur des Nuées Embellies.

 

Pamela :

Pendule Amèrement Monotone Envoûtant les Langoureux Alyzés.

 

Please Accept My Eerie Love Ablaze.

 

Daniel :

Dérive des Angoisses Négatives Issues de l'Extérieur Lestée.

 

Cyril :

Clepsydre aux Yeux Refroidissant l'Inconsciente Lassitude.

 

Jeff :

Joy Excuses Full of Fun ?!

 

Nina :

Norvège : Idole de mes Nuits d'Attente.

 

Pierre :

Poisson Inconscient Effaçant sans Regret les Réalités Essentielles.

 

Christelle :

Circé : Hallucination, Reflet Indicible et Séducteur, Tamisant l'Elégance; Léthargie des Lauriers de l'Esthétique.

 

Kristine :

Kryss Répandant Infiniment le Sang des Tentés, Incendiant leurs Nuits d'Envies.

 

Stéphanie :

Silence Troublant de l'Ennui, Parfait Havre à l'Abri des Novas Insipides et Ephémères.

 

 

Iris



par Iris publié dans : Poème
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Dimanche 11 mai 2008

Jean Markale a écrit de nombreux livres ayant trait aux légendes et notamment celles de Bretagne (notamment sur la légende arthurienne).
Ici il s'agit d'un conte tiré du livre "Contes et légendes des pays celtes", conte que j'ai déjà retrouvé dans divers ouvrages avec quelques changements mais toujours avec la même trame de fond...

   C'était dans le temps, quand seuls les oiseaux volaient dans le ciel et que la nuit était noire dans les campagnes. Il y avait, dans un village, aux environs de Daoulas ou de Saint Urbain, à moins que ce ne fût de Dirinon, trois bons camarades qui se retouvaient souvent le soir, après une dure journée de labeur. Lorsque le temps le permettait, ils allaient se promener sur les landes, et lorsqu'il pleuvait ou faisait trop froid, ils se réfugiaient chez l'un d'entre eux pour boire une bolée et deviser de choses et d'autres. Et, dans tout le pays, on ne tarissait pas d'éloges sur eux à cause de leur sérieux et de leur vie rangée. D'ailleurs, beaucoup de filles espéraient qu'ils jetteraient les yeux sur elles, persuadées qu'ils feraient de très bons maris.

   Or, un soir d'automne où le ciel était maussade et où le vent soufflait en rafales, l'un des trois dit aux autres :
   - Si nous allions faire une partie de cartes à l'auberge ?

   La proposition fut tout de suite adoptée, et, sans plus tarder, ils se dirigèrent vers l'auberge la plus voisine. Pour s'y rendre, il fallait passer par la Croix-Rouge, qui était plantée à l'intersection de trois chemins, en pleine lande et très loin de toute habitation. La nuit était déjà fort avancée, et elle était très sombre, car la lune n'était pas encore levée et les nuages se bousculaient dans le ciel. Pour parcourir plus aisément leur chemin, qui était caillouteux et parsemé de trous, chacun d'eux avait un gros bâton. Mais ils arrivèrent sans encombre à l'auberge.

   Ils s'assirent à une table et demandèrent des cartes à jouer. Mais, comme ils n'étaient que trois, il en manquait un pour faire leur compte. Ils n'eurent cependant pas de mal à décider un trimardeur qui soupait à l'auberge de se joindre à eux. Ils s'amusèrent beaucoup : les uns gagnaient et les autres perdaient, mais pour consoler ceux qui perdaient trop, ils se payaient de nombreux verres, et la bonne humeur ne faisait pas défaut.

   Après être restés un peu plus de deux heures à jouer, ils décidèrent de retourner chez eux : le lendemain ils avaient tous trois beaucoup à faire. Ils payèrent l'aubergiste, prirent congé de leur partenaire, et repartirent dans la nuit au milieu des tourbillons de vent. Arrivés près de la Croix-Rouge, ils virent un cavalier qui arrivait sur un cheval fringant. Lorsqu'ils parvint à leur hauteur et qu'ils les aperçut, il s'arrêta et descendit de sa monture.
   - Vous vous en allez déjà, camarades ? leur demanda t il.
   - Oui, monsieur, répondirent-ils. Il commence à se faire tard et nous avons beaucoup de travail demain matin.
   - Allons !, allons !, reprit le cavalier. Il faut prendre du bon temps avant de se remettre au travail. Il n'est pas si tard que vous le pensez. Moi, j'ai l'intention de jouer un bon moment. Si vous m'accompagnez à l'auberge, je m'engage à vous payer tout ce qui sera bu.

   Les trois camarades se concertèrent et, comme ils étaient un peu surexcités par la boisson, ils finirent par accepter.
   - Oui, dit encore le cavalier, mais il faut que l'un d'entre vous reste pour garder mon cheval. Qu'il soit sans crainte, je lui paierailargement sa peine lorsque nous reviendrons ici.

   C'est le plus jeune qui resta. Les deux autres rebroussèrent chemin en compagnie de l'homme. Dès qu'ils furent à l'auberge, ils se mirent à jouer avec plaisir, ayant repris avec eux le trimardeur qui avait été précédemment leur partenaire. Mais le cavalier perdait beaucoup, et les deux camarades ne se sentaient plus de joie. Tout à coup, une carte tomba sur le sol. Le cavalier se baissa pour la ramasser.
   - Non, dit le cavalier, c'est moi qui l'ai lâchée, c'est moi qui la ramasserai.
   C'est ce qu'il fit, mais il était trop tard. En se baissant, l'un des camarades avait pu remarquer les pieds du cavalier : ces pieds étaient fourchus comme ceux d'un ruminant. Il en fut tout bouleversé mais s'efforça de ne rien en laisser paraître.
   - Je crois qu'il est l'heure de nous en aller ! dit-il en se levant. Finissons cette partie et nous rentrerons à la maison.
   - Que non !, que non !, s'écria le cavalier.
   - Je dis qu'il est temps de finir ! répondit l'autre d'un ton qui exprimait bien sa détermination.
   Le cavalier, quant à lui, n'avait nulle envie de repartir. Il leur dit qu'il allait leur payer encore à boire et qu'il était disposé à jouer toute la nuit s'il le fallait, car il ne pouvait pas abandonner ainsi alors qu'il n'avait cessé de perdre. Mais le jeune homme qui avait aperçu les pieds fourchus lui répéta séchement, d'une voix déformée par la colère :
   - Je vous dis que nous finissons et que nous rentrons chez nous !
   - Nous, encore une fois non ! s'entêta le cavalier.
   - Alors je jette les cartes au feu ! s'écria le jeune homme.
   - Si c'est ainsi, finissons la partie et rentrons, puisque vous ne voulez pas rester.

   Le cavalier paraissait de fort mauvaise humeur, et il perdit encore cette dernière partie. Il se leva avec les autres et ils sortirent tous dans la nuit noire. Mais à la Croix-Rouge, pendant tout ce temps, celui des trois qui gardait le cheval s'était assis sur un bloc de pierre et pensait qu'il aurait bien voulu, lui aussi, continuer à jouer à l'auberge. Et il fut bien surpris quand il entendit le cheval qui parlait distinctement.
   - Tout à l'heure, disait le cheval, quand mon maître reviendra, il proposera de te donner autant d'argent que tu voudras. Mais prends garde : n'accepte rien de lui, sinon il t'entraînera jusqu'au plus profond de l'enfer.
   - Mais, dit le jeune homme, comment le sais-tu et comment se fait-il que tu parles comme un chrétien ?
   - C'est que, dit le cheval, je suis un chrétien qui est condamné à l'enfer parce qu'il a mené une vie dissolue. Le diable m'emmène avec lui chaque nuit lorsqu'il est à la recherche d'âmes pour remplir son enfer puant. Et je suis obligé de le suivre et de le porter. N'oublie pas mon conseil et crois-moi, mon garçon, car je suis ton grand-père. Et ne m'oublies pas dans tes prières !

   Le jeune homme fut bien étonné d'entendre ces paroles. Mais ses deux camarades revenaient avec le cavalier. Celui-ci, dès qu'il fut arrivé près de son cheval, demanda au garçon de combien était son compte.
   - Oh !, rien du tout, répondit le jeune homme. Je suis bien heureux de t'avoir rendu service et je n'attends aucune récompense.
   Le cavalier insista, lui offrant une poignée d'argent, puis une poignée de pièces d'or. Rien n'y fit : le jeune homme demeura intraitable. Alors, furieux d'avoir fait une si mauvaise journée, le cavalier sauta sur son cheval, le cravacha sauvagement et s'élança dans la nuitL Des étincelles jaillirent sous les sabots du cheval, puis celui-ci et son maître disparurent.
  
   Le plus jeune des camarades raconta aux deux autres ce que lui avait révélé le cheval, et celui qui avait vu les pieds fourchus du cavalier en fit également part à ses amis.
   - Nous l'avons échappé belle ! dirent-ils alors, car si nous avions joué plus longtemps avec le diable, il aurait réussi à nous entraîner en enfer.
   Ils se remirent en route et se hâtèrent de regagner leur maison. Mais ils se promirent bien de ne plus aller jouer aux cartes à l'auberge avec des inconnus.


par Iris publié dans : Conte
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Mercredi 30 avril 2008

Alors qu'arrivent les premiers jours de soleil, et ceci malgré la pluie redondante et fidèle à l'adage...
Je relis ce sonnet et retrouve la douceur de l'été et ses fragrances... je revois la plage où j'ai écrit ces quelques lignes et je me dis que bien du temps est passé...

Sonnet d'été

 

 

 

Au pied des falots, ivre, mon coeur se repose...

la lune, douce libellule, enfin se pose

sur l'aquarelle étincelante. Fascinés,

les longs archers bercent la nature embaumée...

 

Le vent fait danser les bois aux sons de Ballades...

des nodules scintillants sont en promenade :

étranges duolets merveilleusement gais

ou douces flammes aux aguets...

 

Le Bleu se couvre de lunules argentés,

les poussières de cendres de poésie

flottent comme une triste musique hantée...

Amertume cachée devant tant de beautés...
les flots diamantés balaient des plages d'écrits...

le temps s'endort sous l'horizon d'un doux été...

 

 

                                                            Iris

 

 

par Iris publié dans : Poème
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Jeudi 24 avril 2008

Dans un recoin, j'ai découvert un poème écrit alors que j'étais nostalgique d'un voyage aux Etats-Unis et des personnes que j'avais connu là-bas...
Voici donc un petit poème sur cette mélancolie...

Amertume

 

 

L'Amer, tu m'allumes

L'obscurité des nuits de cafard...

Amer, tu me tues

de coups amorphes...

Amer, tu m'as trahi...

grisou sournois se faufilant dans mes pensées...

Amer, tu m'ébahis...

paradis de la mélancolie...

 

Regarde mon ombre pathétique

rampant vainement vers un sourire,

les yeux embués par des crépuscules

si loin des visages enjôleurs...

 

La tristesse,

sans cesse,

caresse

mes lèvres

closes...

 

Je fais pâlir le ciel...

Amer, ricochet de mes souvenirs...

Amer, l'eau que tu déverses n'est que pleurs...

Amer, tu m'achèves,

je ne peux esquiver tes attaques sensuelles...

les sentiments renaissent...

des formes se dessinent dans le noir...

Tourbillons d'âmes déchirées...

Tourbillons de pensées torturées...

 

Amertume

Tu me consumes

à jamais chaque nuit

sous le regard mélancolique de la lune...

 

 

                                                                           Iris


 

 

 

par Iris publié dans : Poème
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Mardi 22 avril 2008


Dès que Hjalmar fut au lit, Ole Ferme l'Oeil toucha de sa petite seringue magique tous les meubles de la chambre, aussitôt ils se mirent tous à bavarder, mai ils ne parlaient que d'eux-mêmes, sauf le crachoir qui restait muet mais s'irritait de les voir si vaniteux, ne s'occupant que d'eux-mêmes, ne pensant qu'à eux-mêmes et n'ayant pas la plus petite pensée pour lui qui, modestement, restait dans son coin et tolérait qu'on lui crache dessus.

Au-dessus de la commode était suspendue une grande peinture dans un cadre doré, on y voyait un paysage avec de grands vieux arbres, des fleurs dans l'herbe, une pièce d'eau et une rivière qui coulait derrière le boi, passait devant de nombreux châteaux et se jetait au loin dans la mer libre.

Ole Ferme l'Oeil toucha le tableau de sa seringue, alors les oiseaux peints commencèrent à chanter, les branches des arbres ondulèrent et les nuages coururent dans le ciel, on pouvait voir leur ombre se déplacer sur le paysage.

Ole Ferme l'Oeil souleva Hjalmar jusqu'au cadre et le petit garçon posa ses jambes dans la peinture et le voilà debout dans l'herbe haute, le soleil brillait sur lui à travers la ramure.

Il courut jusqu'à l'eau, s'assit dans la barque peinte en rouge et blanc, les voiles brillaient comme de l'argent et six cygnes portant chacun un collier d'or autour du cou et une étoile bleue étincelante sur la tête, tiraient le bateau au long de la verte forêt où les arbres parlaient de brigands et de sorcières et les fleurs de ravissants petits elfes et de ce que les papillons leur avaient raconté.

De beaux poissons aux écailles d'or et d'argent nageaient derrière la barque, de temps en temps ils faisaient un saut et l'eau clapotait, les oiseaux rouges et blancs, grands et petits, volaient derrière en deux longues rangées, les moustiques dansaient, les hannetons bourdonnaient, ils voulaient tous accompagner Hjalmar et ils avaient tous une histoire à raconter.

Ah ! ce fut une belle promenade en bateau ! par moments, les bois étaient épais et sombres, puis ils devenaient des jardins ensoleillés et fleuris, avec de grands châteaux de cristal et de marbre. Sur les balcons se tenaient des princesses qui étaient toutes des petites filles connues de Hjalmar avec lesquelles il avait déjà joué. Elles étendaient la main et tendaient chacune le petit cochon de sucre le plus exquis qu'aucun con fiseur n'eût jamais vendu. Hjalmar au pasage saisissait par un bout le petit cochon, la petite fille tenait ferme de l'autre, en sorte que chacun en avait un morceau, elle le plus petit, Hjalmar de beaucoup le plus gros.

Devant chaque château de petits princes montaient la garde, ils portaient armes avec des sabres d'or et faisaient pleuvoir des raisins secs et des soldats de plomb. C'étaient de véritables princes.

Hjalmar naviguait tantôt à travers des forêts, tantôt à travers d'immenses salles ou à travers une ville. Il lui arriva même de traverser la ville où habitait sa bonne d'enfant, celle qui le portait dans ses bras quand il était tout petit et qui l'aimait tant. Elle lui fit des signes et lui sourit et chanta cet air charmant qu'elle avait, elle-même, composé pour lui :

     Je pense à toi à toute heure
     Mon cher petit Hjalmar chéri.
     C'est moi qui baisais ta petite bouche
     Et aussi ton front, tes joues vermeilles.

     Je t'ai entendu dire tes premiers mots
     Et puis il a fallu te quitter.
     Que Notre Seigneur te bénisse ici-bas
     Mon bel ange descendu des cieux.

Tous les oiseaux chantaient avec elle, les fleurs dansaient sur leur tige et les vieux arbres dodelinaient de la tête comme si Ole Ferme l'Oeil eût aussi, pour eux, raconté cette histoire.

par Iris publié dans : Conte
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Mardi 22 avril 2008


- Ecoute un peu, dit Ole Ferme l'Oeil le soir lorqu'il eut mis Hjalmar au lit, maintenant je vais décorer ta chambre. Et voilà que toutes les fleurs en pots devinrent de grands arbres étendant leurs branches jusqu'au plafond  et le long des murs, de sorte que la pièce avait l'air d'une jolie tonnelle. Toutes les branches étaient couvertes de fleurs chacune plus belle qu'une rose embaumant délicieusement, et s'il vous prenait envie de la manger, elle était plus sucrée que de la confiture. Les fruits brillaient comme de l'or et il y avait aussi des petits pains mollets, bourrés de raisins, c'était merveilleux. Mais tout à coup, des gémissements lamentables se firent entendre dans le tiroir de la table où Hjalmar rangeait ses livres de classe.

- Qu'est ce que c'est ? dit Ole Ferme l'Oeil. Il alla vers la table, ouvrit le tiroir. C'était l'ardoise qui se trouvait mal parce qu'un chiffre faux s'était introduit dans le calcul, le crayon d'ardoise sautait et s'agitait au bout de sa ficelle comme s'il était un petit chien, il aurait voulu corriger le calcul mais il n'y arrivait pas. Et puis il y avait le cahier d'écriture de Hjalmar, il se lamentait en dedans que ça faisait mal de l'entendre ! Sur chaque page il y avait des lettres majuscules modèles, chacune avec une petite lettre à côté d'elle formant une rangée modèle du haut en bas, et à côté de celles-là, il y en avait qui croyaient être semblables  aux modèles, c'étaient celles que Hjalmar avait écrites, celles-là allaient tout de travers comme si elles avaient trébuché sur le trait de crayon où elles auraient dû se poser.

- Regardez ! Voilà comment il faut vous tenir, disait le modèle, comme ça, à côté de moi, d'un seul trait.

- Oh ! nous voudrions bien, disaient les lettres de Hjalmar, mais nous n'y arrivons pas, nous sommes très malades.

- Alors, il faut vous purger, disait Ole Ferme l'Oeil.

- Oh !, non, non, criaient-elles, et les voilà debout toutes droites que c'en était un plaisir de les voir.

- Mais maintenant nous n'allons pas raconter d'histoire, dit Ole Ferme l'Oeil. Il faut que je leur fasse faire l'exercice ! un deux, un deux ! et il fit faire l'exercice aux lettres. Elles se tenaient aussi droites, étaient aussi bien constituées que n'importe quel modèle, mais une fois Ole Ferme l'Oeil parti, quand Hjalmar alla les voir, elles étaient aussi lamentables qu'auparavant...

par Iris publié dans : Conte
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Mardi 22 avril 2008

Dans le monde entier, il n'est personne qui sache autant d'histoires qu'Ole Ferme l'Oeil. Lui, il sait raconter...



Vers le soir, quand les enfants sont assis sagement à table ou sur leur petit tabouret, Ole Ferme l'Oeil arrive, il monte sans bruit l'escalier - il marche sur ses bas - il ouvre doucement la porte et pfutt ! il jette du lait doux dans les yeux des enfants, un peu seulement, mais assez cependant pour qu'ils ne puissent plus tenir les yeux ouverts ni par conséquent le voir ; il se glisse juste derrière eux et leur souffle dans la nuque, alors leur tête devient lourde, lourde - mais ça ne fait aucun mal, car Ole Ferme l'Oeil ne veut que du bien aux enfants - il veut seulement qu'ils se tiennent tranquilles pour qu'il puisse leur raconter des histoires.

Quand les enfants dorment, Ole Ferme l'Oeil s'assied sur le lit. Il est bien habillé, son habit est de soie, mais il est impossible d'en dire la couleur, il semble vert, rouge ou bleu selon qu'il se tourne, il tient un parapluie sous chaque bras, l'un décoré d'images et celui-là il l'ouvre au dessus des enfants sages qui rêvent alors toute la nuit des histoires ravissantes, et sur l'autre parapluie il n'y a rien. Il l'ouvre au dessus des enfants méchants, alors il dorment si lourdement que le matin en s'éveillant ils n'ont rien rêvé du tout.
Et maintenant nous allons vous dire comment Ole Ferme l'Oeil, durant toute une semaine, vint tous les soirs chez un petit garçon qui s'appelait Hjalmar et ce qu'il lui a raconté... sept petites histoires pour chaque jour de la semaine...

 
par Iris publié dans : Conte
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Dimanche 20 avril 2008

J'ai retrouvé dans un fond de tiroir, un conte remis au goût du jour et mis en poésie....

                                                                       Cendrillon

 

I

 

Elle s'est levée ce matin le sourire aux lèvres...

ses seules pensées ne sont que pour ce jour...

elle a oublié les autres...

chaque matin est un enchantement...

 

Toute la journée elle resplendit par sa joie

son sourire fin est accueillant...

chaque regard est un bouquet de subtiles sensations

et ses yeux reflètent l'innocence...

 

Cendrillon à la lumière du jour

est une perle d'amour...

 

 

II

 

Ses yeux sont ceux d'un être délivré...
Elle est là, regardant par delà son amant...

tout n'est que physique... sensations...

elle est heureuse... elle en est persuadée...

 

elle balance son corps au rythme de la musique...

les prétendants accourent, tout est magique...
la vie sent l'alcool trouble des nuits de joie...
Ses yeux sont à demi ouverts dans le noir...

 

Cendrillon ce soir

est la fille du Seigneur Noir...

 

 

III

 

Elle se lève la tête tombée du lit...
Les mains s'agrippant aux oreillers...

un flux d'inhibitions la terrasse...
La seule solution : Amnésie totale...

 

Amnésie de tous ces moments

qui ne sont que tourments...

Le jeu veut que ce soit ainsi...
elle ne veut qu'éviter ses peurs...

 

Les lendemains de Cendrillon

ne sont que jours de protection...

 

                                        Iris                                           

 

par Iris publié dans : Poème
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