Lundi 6 février 2012 1 06 /02 /Fév /2012 20:26

 

http://www.muzeocollection.com/data/modules/oeuvre/08/d4/08d446f13318b3a4-moyen2-penseur-rodin-auguste.jpg

 

La fête à son comble...

les jolis masques sont entrés en scène...

les soieries crissent en des ballets envoûtants...

Une douce odeur enivrante nous submerge...

 

Mais pourquoi tout ce luxe ?...

Je regarde mes souliers crottés

d'avoir trop travaillé dans la fange...

Je sens la râge montée en moi...

 

tout à leur soirée,

voyez leurs drapées, leurs fards,

leurs sourires, leurs regards compatissants...

Ils pensent qu'avec un peu d'artifice tout s'oublie...

 

Mais je ne suis pas aveugle...

J'ai bien vu au travers des jeux de miroirs...

Je ne suis pas idiot mais aimerait tant l'être...

Qu'il est dur de vivre au Royaume de l'Hypocrisie...

 

La République avait supplanté la monarchie...

On s'était dit que la tyrannie de l'aristocratie n'était plus...

Mais tous nos systèmes tombe inéluctablement

dans la tyrannie d'une classe... 

 

Et peu importe la beauté de leurs masques,

Oligarchie ou monarchie...

La fin est toujours la même...

si au final, personne ne travaille au bien commun...

 

Ils ont institué l'hypocrisie et l'égoïsme

au rang de vertu démocratique...

J'ai peur des aubes à venir...

Inquisition ou Révolution ?...

 

Iris

Par Iris - Publié dans : Pensées - Communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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Mardi 8 mars 2011 2 08 /03 /Mars /2011 23:22

DSC03815.JPG

 

 

Au fil des pages...

tu grandis...

comme ce lien qui nous unit...

 

Au fil des pages que nous tournons...

Je me rends compte que tu te construis...

un monde, un univers... ta vie...

 

Au fil de nos lectures nocturnes...

Je sens ton amour pour ces objets désuets

que sont les livres à l'heure d'internet....

ça me rassure de te voir les feuilleter...

cela m'attendrit de te voir endormi la tête

posée sur un de tes recueils...

 

Petit bonhomme tu es...

mais plus pour longtemps...

 

Ces moments d'intimité

seront bientôt révolus je le sais...

 

Aussi je profite de ce temps...

 

Au fil de ces pages que nous lisons...

 

Je te regarde grandir avec fierté...

 

 

Iris

 

Par Iris - Publié dans : Poème - Communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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Jeudi 3 mars 2011 4 03 /03 /Mars /2011 23:47

http://www.rolandopolo.com/wp-content/uploads/2010/09/sad-beach.jpg

 

 

devant, devant, la sortie est devant moi...

 

J'ai accroché dans les ronces mais je n'ai pas regardé derrière...

 

Je suis tombé à plusieurs reprises... mais je n'ai pas cédé au désespoir...

 

J'ai fermé les yeux quand cela m'est apparu trop insupportable...

 

Je n'ai pas failli, j'ai avancé, je n'ai rien lâché...

 

J'ai couru tout du long...

 

Et maintenant... ?

 

 

J'ai beau essayé de me forcer à regarder devant...

Je sais très bien quelles images se sont imprimées dans ma rétine...

J'ai beau essayé d'oublier, la douleur revient inlassablement...

Mais je n'ose m'arrêter, je n'ose me retourner...

de peur d'être terrassé par tout ce que j'ai laissé derrière....

de peur de voir ces choses me rattraper et m'anéantir...

 

J'entends....    mon coeur....    battre....   en moi....

mon souffle....  est court.... mon corps...   est faible....

où est-ce...  mon âme... qui se...  déchire ?.....

 

 

passé, présent, futur, dans quelle direction regarder ?...

Où mes pas m'ont ils réellement amenés ?....

 

 

 

 

Iris

 

(photo "Sad Beach" de Rolando Polo : voici le lien)

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Jeudi 18 novembre 2010 4 18 /11 /Nov /2010 00:17

 

La grisâtre fumée étouffe le ciel...

La nature fait son deuil...

Des lambeaux de nuages tombent en cascade...

 

Le sol est liquide...

Le sol se meut...

tout disparaît dans une verdoyance déliquescente...

 

Des squelettes aux mains vides

semblent implorer le ciel

de leur laisser de quoi cacher leur tronc noueux...

 

Les gouttes piquent la peau...

Le froid engourdit les esprits...

La nature semble s'endormir dans un morne linceul...

 

Arrive le vent, arrive la pluie...

Arrive le temps d'une fin de vie...

 

Automne...



Par Iris - Publié dans : Poème - Communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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Dimanche 14 février 2010 7 14 /02 /Fév /2010 21:19
un petit Tanka ce soir :

Fatigue du soir...
Pas lent creusant les trottoirs...
Vent froid dans le noir...
Mes lèvres sourient d'espoir...
La joie m'étreint de te voir...



Iris

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Samedi 16 janvier 2010 6 16 /01 /Jan /2010 20:06
http://monsieurphoto.free.fr/Doisneau/Images/Doisneau02.jpg

Nos non-dits,
nos petites phrases assassines cachées derrière des sourires,
Nos activités professionnelles, nos enfants
nous ont éloigné l'un de l'autre....


Je me suis peut être perdu dans cette vie monotone...
Je me suis laissé assoupir par les rets d'un certain ennui...
Je n'ai peut être pas essayé de te retrouver...
J'ai oublié ce qui nous avait rapproché...

Puis j'ai entendu cet air...
Il venait du fin fond de mon être :

La chanson a résonné dans ma tête...
La musique est partie dans des harmoniques qui ont touché mon coeur...
Je n'ai pas eu à regarder où mes pas m'emmenaient...
Je savais, je sentais la voie s'ouvrir...
le destin, peut être, le chemin sûrement...
me guidait à toi...

Une renaissance...
Une chaleur intense...
qui fait battre mon coeur...
qui fait mon bonheur....


Iris

Photo de Robert DOISNEAU (le baiser devant l'hotel), photographe que j'adore...
Par Iris - Publié dans : Poème - Communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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Lundi 2 novembre 2009 1 02 /11 /Nov /2009 21:28


Vautré sur le bar, Marc regardait son verre... rempli à moitié... il avait déjà bu une bonne lampée... Avachi, la tête posée sur ses mains, il semblait intensément plongé dans une fascination hypnotique de son verre...

- Hey, Momo..." dit Marc au serveur derrière le comptoir, " à ton avis, mon verre, il est à moitié vide ou à moitié plein...

- en tout cas toi, tu l'es pas qu'à moitié plein..." dit Maurice en souriant.

- non, arrêteeeeeeeee de décônner... mon verre, il est à moitié plein ou à moitié vide... parce que tu vois là, telle que je vois les choses, ben c'est pas évident... si je regarde juste un peu plus haut, bien mon verre il semble se vider... alors que si je regarde par en bas, et bien il semble être plus rempli... c'est énervant, je sais pas comment ça se fait...

Marc poussa un soupir et retourna à sa contemplation. Au bout de quelques minutes, il reprit :

- Non mais c'est comme cette couleur, c'est clair que normalement on dit jaune... mais on dit plutôt doré parce que ça fait plus classe... c'est comme ce verre, à moitié con comme réflexions... en fait... comme les aveugles qu'il faut pas appeler comme ça mais plutôt non-voyant alors que ça leur permet pas de voir plus en fait... on se voile la face, on essaie de cacher les choses derrière des euphémismes mais en fait, au final, ben... elles sont toujours là... c'est marrant... enfin à moitié marrant... il faut pas dire que quelqu'un est noir mais de type africain... genre il savait pas qu'il avait une couleur de peau... comme moi, il faut pas qu'on dise que je suis blanc mais de type caucasien... la gueule !, je sais même pas où est le caucase !!! et on m'oblige à être de type caucasien... c'est à moitié descriminatoire non ?... qu'est ce que t'en pense Momo ?...

- J'en pense que tu devrais le boire ce verre au lieu de tergiverser...

- Ouais... j'aurais dû m'en douter... tout ce que tu veux c'est que je consomme... une logique toute commerciale... tu dois avoir des objectifs tous les jours... et un mec qui boit qu'à moitié son verre, ça fait pas bien... les autres clients se demandent s'il n'y a pas un problème et risquent de ne pas consommer... je vois je vois je vois... Mais moi, tu vois... je suis un chercheur... un grand chercheur et là !", dit il en montrant son verre de son index gauche, "Je sais toujours pas si ce verre est à moitié vide ou à moitié plein...

Marc repartit dans un long silence de réflexion intérieure... Tout à coup il se mit à agiter son verre :

- Tu vois, Momo, c'est troublant... être toujours sur la corde raide et se dire qu'il est si facile de tomber... se dire que demain, la mort peut t'emporter et se laisser quand même prendre par le travail... comment on peut se perdre dans son travail au point d'en oublier sa famille ?... comment peut on se retrouver à se couper de tout ceux qu'on aime... comment se fait-il qu'on puisse décider d'avoir une vie avec une femme, d'avoir des projets ensemble, de faire des enfants et tout à coup, ben ya plus rien...  on s'est à moitié compris, on a voulu entendre que ce qu'on voulait et on finit par se dire que c'est l'autre qui ne comprend rien... on se jette des mots à la figure comme la vaisselle et le vase de la belle mère... Pourquoi ? pourquoi ne veut on plus faire de concession ? pourquoi chacun campe sur ses positions ? pensant que le miracle doit venir de l'autre... alors que tant d'amour a uni, on a l'impression qu'il ne reste rien et que toute la relation n'a été qu'une énorme arnaque... comme s'il fallait que la logique explique quelque chose d'aussi irraisonné que l'amour... et les enfants... quel avenir, quel exemple pour eux qui se retrouvent déchirés entre les deux parents et qui ne souhaitent qu'une chose, que la famille soit comme avant et pas ce torchon déchiré que leur père et leur mère veut jeter à tout prix... je ne comprends pas... je suis perdu... à moitié vidé...

Marc sanglota un peu puis reprit son activité de contemplation... il ne dit rien pendant cinq minutes...

- Tu vois, Momo, c'est la toussaint, c'est la fête des morts... on doit honorer leur mémoire... mais qui le fait vraiment ?... Ce monde est en perte d'identité, ils cherchent tous leurs racines, ou fantasment leurs racines et perdent de vue une chose importante : s'il est essentiel de savoir d'où on vient, il est encore plus indispensable de savoir où l'on va... ils ne savent qu'à moitié où ils vont... les gens ne soucient guère du demain... dans ce monde de consommation... ils veulent consommer leur plaisir sur place... les gens se foutent de savoir ce qu'il y aura demain... ils se bornent à un gigantesque CARPE DIEM égoïste... ils ne se demandent plus ce que sera demain... seul compte l'instantané... je veux donc je prends... point n'est soucis de savoir si je le peux... je prends des crédits qui vont m'embarquer vers le surendettement et je monterai un dossier pour m'en sortir mais j'ai ma télévision plasma 127 pouces. Je vole des DVDs de jeu ou de vidéo, je vole des consoles de jeu car je suis un jeune qui peut pas en acheter... c'est normal de le faire... car je suis un jeune qui doit pouvoir en "jeter" et avoir l'air cool... On dit que le temps est fou... qu'il n'y a plus de saison... mais n'est ce pas tout ce monde qui est fou ?...

Marc s'arrêta de parler et prit son verre à deux mains en le fixant intensément...

- En y pensant bien...  Momo... il doit être à moitié plein ce verre et il est bien temps que je le vide...
 
Marc vida d'un trait son verre, paya son dû et sortit du bar. Un des clients se tourna vers Maurice et demanda quel était cet homme bien singulier.

-  un ange désabusé... ", dit simplement le serveur du bar "Le Purgatoire".

Iris


image trouvé ici
 
Par Iris - Publié dans : Nouvelles - Communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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Mercredi 2 septembre 2009 3 02 /09 /Sep /2009 19:07

Un petit pas, un petit saut...

Un regard qui se transforme...

Une sorte de renouveau...

Un sentiment hors norme...

 

Un bien-être diffus qui éclaire ma vie...

Un profond sentiment qui m'envahit

Chaque fois que je regarde ton visage

Alors que tu es endormie...

Des visions de demain en  partage,

Plus qu'une union,

Une renaissance, un bonheur

Qui revient chaque matin

frapper à la porte de mon coeur...

 

Iris

 

 

Par Iris - Publié dans : Poème - Communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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Jeudi 27 août 2009 4 27 /08 /Août /2009 20:47
Et voilà c'est la fin, la fin des vacances...
on a fui la ruée des bouchons de travail pour aller se jeter dans le traffic des voitures courant vers le soleil bénéfique des vacances...
on a fui les durs réveils du matin pour aller au métro boulot dodo pour se retrouver à faire dodo, restau, fiesta à gogo !!
et maintenant il faut se résoudre à se retrouver confronter à une triste réalité : la fin des vacances...
Bientôt le retour à la réalité du travail...
Aussi, pour en profiter pleinement, je me repose sereinement et goûte jusqu'au bout au goût aérien des vacances...

A bientôt, bon courage pour ce retour aux choses sérieuses !!! ^^
 
Par Iris - Publié dans : Pensées - Communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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Vendredi 3 juillet 2009 5 03 /07 /Juil /2009 19:06

 

Après une longue marche, le chevalier débordant de bravoure et d'ambition fit une halte à l'entrée du désert. Il était soucieux, il n'avait pas peur de traverser ce vaste espace, il avait une tâche à accomplir qui lui avait été demandé par son roi et naturellement par fidélité il avait accepté cette mission... C'est cette dernière qui le perturbait beaucoup, en effet son travail était d'aller porter un message mais sa conscience se révoltait. Il savait qu'il s'agissait d'une trahison...

En tant qu'homme fidèle, il ne s'arrêta surtout pas sur ses petites interrogations qu'ont la plupart des gens, il avait une mission à accomplir. Alors il se soulagea en buvant une grande gorgée d'eau encore relativement fraîche de sa gourde.

Deux hommes d'une caravane qui passait par là, remarquèrent le chevalier avant son entrée dans les dunes. Ce furent les dernières personnes à le voir encore en vie.


Le messager marchait d'un pas relativement rapide, il ne savait quelle motivation le poussait à avancer aussi vite. Après quelques instants de réflexion, il se donna comme alibi la chaleur du temps et peut-être le peu de fatigue qu'il ressentait. Le problème était bien là : l'atmosphère autour de lui était brouillée. Un embryon de peur s'infiltra dans l'esprit de l'émissaire car plus il avançait et plus le temps devenait incertain.

Mais le pire était que le messager était déchiré par des sentiments antagonistes ; des vagues de pensées lui disaient : "Accomplis ton travail !" alors que d'autres répondaient : "Fais confiance à ta conscience !" La tranquillité semblait vouloir déserter sa tête. Toutes ses idées grouillaient, s'enchevêtraient comme d'immondes pustules. Il se prit la tête entre les mains et serra de plus en plus fort ses tempes. Ses yeux se crispèrent. Il sentit le vent caresser son visage, une tempête allait sans doute arriver.

La confusion ne voulait refluer de sa tête, il serra alors encore plus fort , espérant que cette folie disparaisse. Etourdi, il s'allongea sur le dos. Sur son ventre, le blason carré de couleur bleu et rouge de son royaume étincellait sous le soleil.  Tout  à coup,  il se leva et cria en tendant son poing vers le ciel : "Non !, je ne suis pas fou Dieu !, non !, je ne suis pas fou !" Le vent s'arrêta. Le désespoir l'ébranla, mais il continua quand même sa route. Un vrai chevalier ne renonce jamais.

Il regarda le ciel : le soleil était aveuglant. Il souffla un grand coup et but une longue gorgée. L'eau était chaude et la gourde était bientôt vide. L'émissaire eut une pensée pour la femme qu'il aimait, mais même en se concentrant, il n'arrivait  plus qu'à entrevoir son image. Il eut un sentiment de solitude passager puis il se demanda si elle pensait à lui. Pendant quelques instants il eut peur ; "Et si elle ne m'aimait pas ?"  Son regard se perdit dans les grains de sables....


Il se rendit soudain compte que la brise avait disparu. Sa raison prit finalement le dessus et il repartit, mais il n'était plus le même, non, comme s'il avait traversé un voile... Il était maintenant à notre service. Ce chevalier, il était nôtre ; un homme envahi par des hordes d'interrogations. Il repartit tout en réfléchissant à ce qu'il venait de se passer. Il dessinait des arabesques dans l'air en attendant des réponses mais rien n'apparaissait...

Un sentiment de frayeur l'envahit à nouveau. Son blason semblait terni et le soleil était parti se cacher derrière un étrange nuage gris. Il ne voyait aucune solution à ses problèmes, il les mélangeait, il avait perdu confiance en lui.

Le ciel s'obscurcit, la lumiére se raréfiant à chaque respiration du chevalier. L'angoisse enserra son coeur d'une poigne de plus en plus puissante. "Suis -je le bon chevalier du roi de l'empire de Nérosse ?" se dit-il tout en étant incapable d'y répondre.

Les nuages avaient fait tomber la nuit en plein jour.  Le blason défiguré, noirci lui criait une vérité qu'il n'osait s'avouer. Ses yeux se fermèrent mais son coeur vit la vérité à travers ses mensonges...

Et il comprit... il vit tous les péchés commis depuis le début de sa vie. Il ne pouvait plus continuer à marcher. Il réalisa dans une prise de conscience fulgurante qu'il n'était qu'un monstre pour avoir refusé la main, pourtant tant attendu, de cette femme. Et que cette lettre allait la mettre à jamais hors de sa portée...

Il tomba à genoux dans le sable en criant. Il arracha la barrette qui tenait ses longs cheveux noirs jais et la lança en bas de la dune... Ses yeux d'un bleu, sombre et profond se posèrent sur le ciel où les nuages crachèrent soudain postillons et éclairs dans un vacarme assourdissant... Le chevalier se mit à implorer son dieu :

- Ô Dieu, pardonne au pauvre chevalier que je suis d'avoir été si aveugle... Je t'en prie... Aie pitié de moi..."

Et Dieu, dans son infinie empathie, le pleura... Ses larmes d'eau pure couvrirent le désert... Des trombes d'eau descendirent sur les dunes... Le chevalier entendit alors Sa voix :

- Chevalier Remoje de Hartozc, je te pardonne car ta vie ne sera que plus difficile à vivre sachant ce que tu as fait... La pire des choses n'est pas d'être aveugle mais d'ouvrir les yeux et de découvrir toute l'horreur que l'on a prodigué... Alors tu vivras et tu retourneras là-bas pour réparer tes erreurs..."


- Dieu ? " dit le chevalier après quelques secondes.

- Oui, que veux-tu ?

- Es-tu mâle ou femelle ?

La question était osée, déplacée mais Remoje s'était toujours demandé s'Il était vraiment comme le montrait les fresques : Un homme... Le chevalier se dit que cette question était comme sa vie... une erreur... Il n'entendait pas Dieu répondre... Il s'attendait au pire, Dieu allait certainement le punir pour son outrecuidance...


Mais au bout de quelques minutes...

- Sache jeune chevalier que je suis actuellement femelle et que Satan est androgyne... Maintenant vas... Rejoins tes frères et soeurs..."

Et ce fut soudain comme un éclatement... tout disparaissait, toute cette réalité explosa pour ne laisser plus que le vide...


Dieu revint vers nous, pour ne former qu'un avec ce qui nous forme... Nous vîmes la fin du chevalier et rîmes des illusions que nous lui avions donné. Nous aperçûmes ce soldat à la recherche du chevalier de Hartozc qui le découvrit mort sa gourde, à côté de lui, vide. Il en déduisit qu'il était mort par manque d'eau. Nous pensâmes à ce chevalier qui avait demandé si nous étions femelle ou mâle et nous nous gossâmes de cette question car le sexe est un concept qui implique des idées comme survie, reproduction alors que nous ne connaissons pas ces problèmes. Nous sommes femelle et mâle et ne le sommes pas. Cela ne peut-être trancrit dans un langage dont ses utilisateurs ne connaissent la réalité dans laquelle nous vivons...

Enfin, quand la communion du Nous fut terminée, Dieu repartit sur la piste temporelle pour nous rapporter toutes les idioties que ces créatures faisaient... Il y eut un temps où nous essayâmes de les amener vers la sagesse mais comme elles semblaient sourdes à nos enseignements, n'écoutant que le choeur de leurs basses envies,  nous décidâmes d'arrêter de les guider, du moins pour un temps...

"Ils ne sont pas du tout civilisés... "

"Ce ne sont que des barbares et ils le resteront tant qu'ils n'auront pas compris la nature même du Nous..."

"L'homme est un animal stupide qui ne comprends que ce qu'il veut comprendre..."


 

 

Iris  Killa  

 

 

Coécrit avec Killa que je salue...

Merci à ceux qui auront lu jusqu'au bout cette nouvelle...

 

pour la photo : sur le site www.freemages.fr 

photo prise par Jean-Christophe LOUBET DEL BAYLE

 

Par Iris - Publié dans : Nouvelles - Communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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